Langeron — Préfecture de police 14 juin
, préfet de police de Paris depuis 1934, est au matin du 14 juin la plus haute autorité civile française demeurée dans la capitale. Le président du Conseil municipal a quitté la ville, le gouvernement s'est replié sur Bordeaux. Langeron, lui, est resté, avec sous ses ordres quelque 28 000 policiers en grande majorité demeurés à leur poste.
À 08h00, il reçoit le général von Studnitz, qui commande les troupes d'occupation. L'Allemand lui demande de maintenir l'ordre public, d'organiser le ravitaillement, de faire respecter un couvre-feu, d'afficher les avis allemands aux mairies d'arrondissement et de ne pas entraver les services allemands. En échange, ses policiers conservent leurs armes, l'administration municipale continue de fonctionner, et la population n'est pas directement en contact avec la Wehrmacht.
Le dilemme de Langeron est celui de tous les fonctionnaires français de l'été 1940 : jusqu'où coopérer avec l'occupant pour éviter le chaos, sans pour autant devenir l'instrument de ses ordres ? Il doit répondre à von Studnitz sur-le-champ.
Que doit répondre Langeron à la demande de coopération de l'occupant ?
Langeron choisit B. Il accepte de maintenir l'ordre public mais refuse de cautionner de son sceau les avis allemands, qu'il fait afficher « à la demande de l'autorité d'occupation ». Cette posture — coopération administrative sans allégeance — préfigure toute l'ambiguïté de la police parisienne sous l'Occupation. Langeron reste en fonction jusqu'à son arrestation par les Allemands en juin 1941. Son journal, Paris, juin 1940, publié en 1946, est une source de première main sur les premières heures de l'occupation de la capitale. Le maintien de la police française dans son cadre aura des conséquences lourdes par la suite, notamment lors des rafles de 1942.









