Le 16 juin 1940 au soir, à Bordeaux, , président du Conseil depuis le 21 mars, est cerné par les partisans de l'armistice : le maréchal Pétain, le généralissime Weygand, et plusieurs ministres comme Chautemps et Baudouin. Au Conseil des ministres, la tendance favorable à l'arrêt des combats domine désormais.
Reynaud est épuisé par trois semaines de crise ininterrompue. Il vient de voir son projet d'union franco-britannique rejeté et qualifié par Pétain de « fusion avec un cadavre ». Son entourage, jusque dans sa vie privée, le pousse à céder. Lui-même reste partisan de continuer la guerre depuis l'Afrique du Nord, mais ne dispose plus d'une majorité claire au gouvernement.
Devant le président de la République , Reynaud doit décider de la conduite à tenir : tenter de forcer une majorité pour transférer le combat outre-mer, demander un armistice sous conditions afin de gagner du temps, ou se retirer et laisser à d'autres la responsabilité de cesser le combat.
À 22h, Reynaud doit-il démissionner, forcer la continuation de la guerre, ou tenter un armistice conditionnel ?
Reynaud choisit B : il démissionne à 22h00. La nuit du 16 juin scelle ainsi le sort du dernier gouvernement de la IIIe République en guerre. Lebrun appelle aussitôt Pétain, qui forme son gouvernement dans la nuit et demande l'armistice le lendemain midi. Reynaud, isolé, écarté, sera victime d'un accident de voiture près de Sète fin juin, où sa compagne trouve la mort. Arrêté par Vichy en 1941, jugé, puis déporté en Allemagne (Sachsenhausen, Itter) de 1942 à 1945, il survit et reprendra une carrière politique sous la IVe puis la Ve République. Sa démission du 16 juin marque le basculement de la France vers l'armistice et la fin de la République parlementaire, actée trois semaines plus tard à Vichy.









