Mannerheim au gouvernement Ryti — 28 février
Au 27 février 1940, après la percée de Lähde, Mannerheim doit prendre la décision la plus difficile de sa carrière : recommander la paix ou continuer la résistance. La situation militaire est critique : - 130 000 soldats finlandais valides sur le front de Carélie (sur 180 000 mobilisés initialement) - Munitions : 12 jours d'artillerie restants - Réserves humaines épuisées — derniers contingents de 17 ans appelés en service - Aide alliée promise mais bloquée par refus suédois et norvégien du transit - Volontaires étrangers : 11 500 Suédois SFK, 1 200 Danois, 700 Norvégiens, 350 Polonais (Brigade Podhalańska prep), 230 Français — total ~14 000 mais en partie non encore arrivés
Le 28 février 1940 à 14h00, Mannerheim convoque dans son bureau de Mikkeli : (Premier ministre), (Affaires étrangères), (Défense), (chef d'état-major). Il leur soumet son rapport militaire confidentiel : « L'armée peut tenir encore 8 à 14 jours. Au-delà, l'isthme tombe entièrement. Helsinki devient indéfendable. »
Le gouvernement attend son conseil pour décider de poursuivre ou non.
Quel conseil Mannerheim donne-t-il au gouvernement Ryti ?
Mannerheim conseille B. Sa recommandation est sans ambiguïté : « Nous devons demander la paix maintenant. Chaque jour qui passe rend les conditions soviétiques pires. » Ryti, Tanner, Niukkanen acceptent. Le 29 février 1940, première dépêche officielle à Moscou via Kollontaï. Le 6 mars, délégation à Moscou. Le 12 mars, Paix de Moscou signée. Mannerheim avait donc raison tactiquement, mais sa décision lui vaut des critiques internes : certains officiers (général Wallenius notamment) considèrent qu'il aurait dû tenter une dernière résistance pour gagner l'intervention alliée. Mannerheim répondra dans ses mémoires de 1952 : « On ne sacrifie pas son armée pour des illusions diplomatiques. » Sa Croix de Mannerheim (équivalent du Croix de Chevalier allemande, créée le 15 mars 1940), est inaugurée pour honorer les soldats finlandais. Mannerheim continue de servir : signe l'armistice de 1944 comme président, démissionne 1946, vit en Suisse, meurt en janvier 1951.









