Tojo Premier ministre : rouvrir le dossier de la guerre
Depuis l'embargo américain de l'été 1941 — gel des avoirs, robinet du pétrole coupé — le Japon voit ses réserves fondre. Washington, par la note Hull, exige un retrait de Chine que l'armée juge inacceptable après quatre ans de guerre. Le 16 octobre, le prince Konoe démissionne, dans l'impasse.
Sur le conseil du garde du sceau Kido, l'empereur nomme le 18 octobre son ministre de la Guerre, le général Tojo, à la tête du gouvernement — choix paradoxal d'un partisan de la fermeté, assorti du souhait impérial de réexaminer « page blanche » la décision de guerre adoptée le 6 septembre.
Tojo hérite ainsi d'un arbitrage qu'il n'a pas tranché : la diplomatie supposerait des concessions en Chine ; la guerre viserait la « zone des ressources du Sud » avant l'assèchement du pétrole ; se retirer reviendrait à céder la main.
Chargé par l'empereur de réexaminer l'option de la guerre, Tojo doit-il rechercher un compromis avec Washington, préparer la guerre, ou s'effacer ?
Tojo mena une réévaluation de façade tout en accélérant les préparatifs. La conférence impériale du 5 novembre fixa un ultimatum aux négociations ; la note Hull du 26 novembre fut reçue comme un refus ; la conférence du 1er décembre approuva la guerre. L'attaque de Pearl Harbor suivit le 7 décembre 1941, faisant basculer le conflit à l'échelle du monde.









