Reynaud ou Pétain — continuer ou l'armistice
À la mi-juin 1940, le gouvernement français, réfugié à Bordeaux, est déchiré. L'armée est en pleine déroute, Paris est tombée. Deux camps s'affrontent au Conseil des ministres. Le président du Conseil veut poursuivre la guerre, au besoin depuis l'Afrique du Nord et l'empire, en s'appuyant sur la flotte intacte et l'allié britannique. Le maréchal Pétain et le général Weygand veulent au contraire demander l'armistice, jugeant la situation militaire désespérée et refusant d'abandonner le territoire.
L'enjeu est immense. Continuer depuis l'empire, c'est sauver la souveraineté et l'honneur, mais abandonner la métropole à l'occupation et à l'inconnu. Demander l'armistice, c'est arrêter le carnage et garder le contrôle d'une partie du pays, mais sortir de la guerre et se placer à la merci du vainqueur.
Le gouvernement doit trancher. Demander l'armistice à l'Allemagne. Poursuivre la guerre depuis l'Afrique du Nord avec la flotte et l'empire. Ou chercher une voie intermédiaire (cessez-le-feu militaire sans capitulation politique, sur le modèle néerlandais). De ce choix dépend tout le destin de la France.
Le gouvernement doit-il demander l'armistice, continuer la guerre depuis l'empire, ou chercher une voie intermédiaire ?
Le camp de l'armistice l'emporte : le 16 juin, Reynaud démissionne, et le président Lebrun appelle Pétain, qui demande aussitôt l'armistice (option A). Signé le 22 juin à Rethondes, il divise la France en zone occupée et zone « libre », maintient un gouvernement à Vichy et place le pays sous la tutelle allemande. L'option B, défendue par Reynaud, Mandel et de Gaulle, est écartée ; certains parlementaires tenteront néanmoins de gagner l'Afrique du Nord (le Massilia). Le choix de l'armistice ouvre la voie au régime de Vichy et à la collaboration, tandis que de Gaulle lance, depuis Londres, l'appel à poursuivre le combat.









