Héring — Paris ville ouverte 13 juin
Le général , gouverneur militaire de Paris depuis fin mai 1940, commande la « région fortifiée de Paris » — sur le papier 200 000 hommes, en réalité une infanterie territoriale épuisée et sous-équipée. Au matin du 13 juin, les avant-gardes allemandes sont signalées à Senlis, à une quarantaine de kilomètres au nord.
Le généralissime Weygand a tranché dès le 11 juin : Paris est déclarée ville ouverte. Les troupes doivent évacuer sans combattre, pour épargner à la capitale le sort de Varsovie en 1939 ou de Rotterdam le 14 mai. Défendre Paris dans ses faubourgs coûterait des dizaines de milliers de vies civiles et la destruction de la ville.
Pour un officier, l'ordre a quelque chose d'humiliant. Mais l'enjeu pour Héring est désormais pratique : comment exécuter cet abandon sans provoquer ni combat de rue ni effondrement de l'ordre public, alors que la population restante doit être tenue et que la transition vers l'occupant doit se faire sans heurt.
Comment Héring doit-il appliquer l'ordre de ville ouverte ?
Héring retient B. Dans la soirée du 13 juin, l'ordre d'évacuation militaire est donné ; la police municipale, sous le préfet Roger Langeron, reste en poste pour maintenir l'ordre. Le 14 juin au petit matin, les premiers éléments de la entrent dans Paris par le nord, sans rencontrer de résistance. Aucun combat de rue, aucune destruction : le choix de la ville ouverte a épargné la capitale. Héring sera ensuite brièvement gouverneur militaire avant d'être écarté. La décision, militairement amère, est aujourd'hui jugée comme ayant sauvé Paris — au prix d'une image durable de capitulation sans combat.









