La zone interdite d'Alsace — que faire des civils du Rhin ?
Le 1er septembre 1939, la France décrète la mobilisation générale. En Alsace, une bande de terrain s'étend entre la frontière allemande, le Rhin et la ligne Maginot : villages, fermes et la ville de Strasbourg s'y trouvent en première ligne.
Si la guerre éclate, cette zone deviendra un champ de bataille où la troupe doit pouvoir manœuvrer et tirer librement. Les casemates et blockhaus longeant le Rhin n'ont de sens que si l'arrière immédiat est dégagé.
Le commandement et les préfectures doivent trancher : maintenir les habitants chez eux, les laisser partir à leur gré, ou organiser leur départ massif vers l'intérieur du pays.
À la mobilisation de septembre 1939, comment traiter la population civile de la bande frontalière située devant la ligne Maginot, entre le Rhin et les fortifications ?
Dès le 1er-3 septembre 1939, les autorités ordonnent l'évacuation systématique des communes situées devant la ligne Maginot et de Strasbourg. Plus de 370 000 Alsaciens (et environ 227 000 Mosellans) sont dirigés vers des centres de regroupement puis acheminés par train vers le Sud-Ouest : les Strasbourgeois et habitants du Bas-Rhin surtout en Dordogne et Haute-Vienne, ceux du Haut-Rhin dans le Gers, la Haute-Garonne et les Landes. La bande de 10 km entre frontière et ligne Maginot est vidée de ses civils, ne laissant que les militaires. Strasbourg restera quasi déserte durant toute la Drôle de guerre.









