Varsovie assiégée — opérer sans morphine
Fin septembre 1939, après des semaines de siège, Varsovie agonise. La Luftwaffe pilonne méthodiquement la ville : le 25 septembre, parfois appelé le « lundi noir », des centaines d'appareils déversent leurs bombes, frappant aussi les points d'eau, les marchés et les hôpitaux. Plusieurs hôpitaux remplis de blessés sont détruits ; les services débordent, les blessés s'entassent sur des couvertures à même le sol.
Dans ces établissements, les médicaments, les pansements et l'eau viennent à manquer. La morphine s'épuise, et l'on doit parfois opérer et amputer avec des moyens de fortune. Médecins et infirmières travaillent des dizaines d'heures d'affilée, dormant tout habillés entre deux interventions.
Un médecin-chef, épuisé, doit choisir : poursuivre coûte que coûte les soins dans des conditions effroyables, mettre à l'abri ce qui reste de matériel en quittant la ville avant la chute, ou plaider auprès du commandement pour une reddition rapide afin d'arrêter le massacre des blessés.
Sous les bombes du siège de Varsovie, que fait un médecin d'hôpital débordé et à court de tout ?
Le personnel médical de Varsovie est resté à son poste : médecins et infirmières ont continué à soigner et à opérer les blessés, souvent sans anesthésie ni eau courante, jusqu'à la capitulation de la ville le 28 septembre 1939. Le siège fit environ 25 000 morts parmi les civils et des milliers parmi les soldats ; neuf hôpitaux au moins furent détruits par les bombardements. Le dévouement du corps médical polonais, soignant sous les bombes dans des conditions inhumaines, est resté l'un des symboles de la résistance de la capitale durant le mois de septembre 1939.









