Wieluń à 04h40 — la première frappe aérienne
Wieluń est une ville de 16 000 habitants en Pologne centrale, à 21 km de la frontière allemande. Elle n'a aucune garnison militaire, aucune usine d'armement, aucun objectif stratégique reconnu. Son centre est dominé par une église gothique du XIVe siècle, un hôpital de 50 lits dont le toit porte une croix rouge visible à 800 mètres d'altitude, et un marché tenu chaque vendredi.
Dans la nuit du 31 août au 1er septembre 1939, à la base aérienne allemande de Nieder-Ellguth (Silésie), 29 bombardiers en piqué Junkers Ju 87 "Stuka" du , commandés par le major , sont chargés de bombes. L'objectif assigné par la du général : neutraliser une "concentration de cavalerie polonaise" présumée à Wieluń. Aucune cavalerie n'y est stationnée.
La ville est attaquée à 04h40 — cinq minutes avant l'ouverture du feu du Schleswig-Holstein à Westerplatte. Vingt-neuf tonnes de bombes en trois vagues. L'hôpital est atteint dès la première vague à 04h42 ; 32 patients meurent dans leurs lits. Au lever du jour, environ 75 % du centre-ville est en ruines. Les autorités polonaises locales — maire, médecin-chef, prêtre — doivent décider en quelques heures comment organiser la suite.
Comment réagir dans les heures qui suivent l'attaque ?
Les autorités locales choisissent B. Le docteur réorganise les soins dans les bâtiments encore debout. Le bilan humain de la journée est aujourd'hui débattu : (Wieluń 1939, 2008) documente 127 morts identifiés à partir des registres paroissiaux et hospitaliers, sans exclure un nombre proche du double pour les morts non recensés (réfugiés, indigents). Les chiffres traditionnellement avancés (1 200 à 2 000 morts) ne sont pas étayés par les sources primaires selon les recherches révisionnistes des années 2000. Wieluń est considérée comme le premier bombardement délibéré de civils de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Le procès de Nuremberg ne retiendra pas spécifiquement Wieluń. La ville n'obtient officiellement un statut commémoratif qu'en 2004. Aucun pilote allemand impliqué ne sera jugé.









