L'instituteur juif de Kazimierz
À l'automne 1939, l'administration allemande du Gouvernement général frappe la vie juive de Cracovie. En novembre et décembre, la quasi-totalité des écoles juives sont fermées et les enseignants juifs renvoyés. Les 5 et 6 décembre, les Allemands bouclent les foyers juifs de Kazimierz et confisquent brutalement les biens.
Un instituteur juif de Kazimierz, qui enseigne depuis des années aux enfants du quartier, perd ainsi son poste et son gagne-pain. L'instruction des enfants juifs est désormais interdite.
Il doit choisir : continuer à enseigner dans la clandestinité au risque de sa vie, tenter de fuir vers la zone occupée par les Soviétiques à l'est, ou rester sans rien faire en espérant des jours meilleurs.
Privé d'école, que peut faire un instituteur juif de Cracovie à l'hiver 1939 ?
Privées d'école dès décembre 1939, des familles et des enseignants juifs de Cracovie organisèrent un enseignement secret pour leurs enfants, dans des appartements privés. Ces cours clandestins se poursuivirent malgré la création du ghetto de Podgórze en mars 1941. La répression fut implacable : la communauté juive de Cracovie, forte d'environ 60 000 à 68 000 personnes, fut enfermée dans le ghetto, déportée à partir de 1942 vers Bełżec, puis le ghetto fut liquidé en mars 1943 et les survivants envoyés au camp de Płaszów. Très peu en réchappèrent.









