Un instituteur de Poznań sous le Wartheland
À l'automne 1939, Poznań est intégrée au Reichsgau Wartheland, érigé en laboratoire de germanisation. Dans les territoires annexés, l'occupant ne « réforme » pas l'école polonaise : il la supprime. Les établissements de langue polonaise sont fermés, les enseignants polonais renvoyés, beaucoup arrêtés, expulsés vers le Gouvernement général ou internés. Les enfants polonais ne sont plus admis qu'à de rudimentaires écoles allemandes ; selon la doctrine de Himmler, leur instruction doit s'arrêter à quelques classes primaires. L'Église catholique polonaise, pilier traditionnel, est elle aussi persécutée dans le Wartheland.
Un instituteur de la ville, en poste depuis des années, se retrouve sans chaire et sous surveillance. Dès la fin octobre 1939, à Varsovie, des enseignants commencent à organiser un enseignement clandestin.
Trois voies s'ouvrent à lui : se soumettre et chercher une place subalterne dans l'appareil allemand, renoncer à enseigner pour survivre sans risque, ou rejoindre l'enseignement clandestin malgré le danger mortel.
Ses écoles fermées, que fait l'instituteur polonais ?
La réponse documentée des enseignants polonais fut l'enseignement clandestin. Dès la fin octobre 1939 naît à Varsovie la Tajna Organizacja Nauczycielska (TON), qui structura un réseau d'écoles secrètes : en 1942, près de 1,5 million d'enfants suivaient un enseignement primaire clandestin, et des dizaines de milliers le secondaire. Dans le Wartheland, où la répression était la plus dure et l'enseignement en polonais finit par être passible de mort, ce travail se faisait au péril de la vie ; nombre d'instituteurs furent arrêtés, déportés en camp ou tués. Ce ne fut pas le fait d'un seul homme mais d'un mouvement collectif d'éducation interdite.









