Le Volksdeutsche enrôlé dans le Selbstschutz
À l'automne 1939, dans les territoires polonais annexés au Reich, en particulier la Pomérélie (Prusse-Occidentale) et le Wartheland, l'occupant recense les Volksdeutsche, ces Allemands ethniques établis en Pologne depuis des générations. Beaucoup sont enrôlés dans le Volksdeutscher Selbstschutz, une milice d'« auto-protection » encadrée par les SS et placée sous l'autorité d'.
Dans les bourgs et villages, voisins et notables locaux connaissent les noms et adresses des élites polonaises et de la population juive. La milice traque, arrête et exécute selon des listes de proscription, souvent près de chez ceux qui les dressent. Un Volksdeutsche convoqué se trouve sommé d'y prendre part.
L'homme peut se présenter et servir, chercher à s'y soustraire au risque d'être suspecté de déloyauté envers le « peuple allemand », ou tenter de quitter la zone — alors que les frontières internes du Reich sont étroitement surveillées.
Le Volksdeutsche doit-il rejoindre le Selbstschutz, refuser, ou fuir la région ?
La grande majorité des Volksdeutsche convoqués rejoignent le Selbstschutz, par adhésion idéologique, pression communautaire ou opportunisme. Comptant jusqu'à environ 100 000 membres, cette milice participe aux exécutions de masse de l'automne 1939 dans les territoires annexés : on estime que les meurtres d'élites et de civils polonais et juifs dans ces régions (Prusse-Occidentale/Pomérélie et Wartheland) ont fait plusieurs dizaines de milliers de victimes, avec des sites emblématiques comme Piaśnica et Szpęgawsk. Le Selbstschutz est dissous au printemps 1940, ses membres versés dans la police, les SS ou la Wehrmacht.









