Le char d'avenir ou les chars d'aujourd'hui ?
Depuis 1935, l'armée française poursuit le programme du char de 20 tonnes, futur Char G1 : un blindé moderne doté d'un canon de 47 mm en tourelle, d'un blindage de 40 mm et d'une radio, pensé pour surclasser les engins existants. Mais en décembre 1939, alors que la guerre est déclarée, aucun prototype n'est achevé : les projets dépassent le poids prévu et s'enlisent dans les difficultés techniques.
L'Inspection des chars doit trancher. Les usines tournent et chaque mois compte. Faut-il concentrer l'effort industriel sur les modèles déjà au point — Renault R35, Hotchkiss H35, Somua S35, Char B1 bis — quitte à aligner des engins moins ambitieux ? Ou parier sur le char moyen d'avenir, au risque de retarder les livraisons en pleine mobilisation ?
Derrière le choix se joue la cadence de l'armement français à la veille de la campagne de 1940.
Face à la guerre déclarée, comment l'industrie blindée française doit-elle orienter sa production ?
En décembre 1939, l'Inspection des chars décida de limiter la production de guerre aux types déjà existants, en ne réservant l'avenir qu'à trois classes (char d'accompagnement, char de bataille et char de forteresse). Le Char G1, intermédiaire entre ces catégories, ne fut pas mis en production. La France concentra ses capacités industrielles sur la fabrication des modèles éprouvés (R35, H35, S35, B1 bis). Aucun prototype du G1 ne fut jamais achevé : le programme s'éteignit avec la défaite de juin 1940, laissant inachevé l'un des designs les plus avancés de l'époque.









