Le chantier de Monowitz
En 1940-1941, IG Farben décide de construire un complexe chimique géant à Monowitz, en Haute-Silésie, à quelques kilomètres du camp d'Auschwitz. L'objectif officiel : produire du caoutchouc synthétique (Buna) et du carburant à partir du charbon silésien.
, ingénieur de la firme depuis 1927, supervise le chantier. Le projet est colossal et la pénurie de main-d'œuvre libre, dans une économie de guerre tendue, pèse d'emblée sur sa faisabilité. La proximité du camp voisin ouvre une perspective que la firme et la SS commencent à explorer.
À l'été 1941, alors que le projet prend de l'ampleur, se pose la question de son dimensionnement et de sa source de main-d'œuvre : pousser le complexe à pleine échelle, le redimensionner à la baisse, ou reporter une part de la production vers des sites en Allemagne pour limiter la dépendance au camp.
Comment Dürrfeld doit-il dimensionner le complexe chimique et organiser sa main-d'œuvre ?
Le projet fut poussé à grande échelle sur la base massive du travail forcé. Dès mars 1941, des accords furent passés avec la SS et le commandant du camp pour disposer de la main-d'œuvre concentrationnaire ; IG Farben fit même édifier en 1942 le camp d'Auschwitz III-Monowitz à l'orée du site pour rapprocher les détenus du chantier. Environ 35 000 prisonniers, en majorité juifs, y travaillèrent ; plus de 20 000 y trouvèrent la mort. Après-guerre, Dürrfeld fut condamné à huit ans de prison au procès IG Farben de Nuremberg.









