Battleaxe — Wavell devant Halfaya
Depuis avril 1941, Rommel a reconquis la Cyrénaïque et assiège Tobrouk, dont la garnison australienne tient bon sur ses arrières. Churchill, qui vient d'expédier en Méditerranée un convoi de chars au prix de gros risques (opération Tiger), presse le général de passer à l'offensive pour dégager Tobrouk et rejeter l'.
Wavell est réticent : ses chars Matilda et Crusader sont à peine arrivés, mal rodés, et il connaît la valeur de l'adversaire. Mais la pression du Premier ministre est forte. Le 15 juin, il lance l'opération Battleaxe contre les positions allemandes du col d'Halfaya et de Sollum, tenues par une défense soigneusement préparée.
Rommel y a disposé son arme maîtresse : des canons antiaériens de 88 mm enterrés en batterie antichar, capables de détruire les blindés britanniques à grande distance. Wavell doit décider de la conduite de l'assaut : foncer frontalement sur les positions fortifiées pour percer vite ; manœuvrer largement par le désert au sud, au risque de la logistique ; ou différer encore l'attaque pour mieux préparer ses équipages. Le sort de Tobrouk et son propre commandement en dépendent.
Comment Wavell doit-il mener l'offensive Battleaxe contre les positions de Rommel ?
Wavell engage A, contre son meilleur jugement, sous la pression de Londres. C'est un échec : les 88 mm allemands fauchent les Matilda à Halfaya — surnommé bientôt « Hellfire Pass » par les Britanniques — et une contre-attaque blindée de Rommel manque d'encercler les assaillants. En trois jours, Battleaxe coûte une centaine de chars et se solde par un repli sans avoir dégagé Tobrouk. L'échec scelle le sort de Wavell : Churchill, mécontent, le mute aux Indes et le remplace par Auchinleck le 1er juillet. La bataille confirme la maîtrise tactique de Rommel et l'importance décisive de l'artillerie antichar — leçon que les Britanniques mettront du temps à intégrer.









