Mackay devant Tobrouk — l'assaut
Après la chute de Bardia, l'opération Compass enchaîne sur Tobrouk, port en eau profonde de Cyrénaïque. Sa prise est un objectif majeur : disposer d'un port avancé éviterait aux Britanniques de ravitailler leur offensive par une route terrestre de près de 700 km depuis Alexandrie. La place est tenue par une garnison italienne de quelque 25 000 hommes, sous le général , derrière un périmètre fortifié encore plus étendu qu'à Bardia.
La de Mackay, déjà victorieuse à Bardia, mène l'assaut, de nouveau appuyée par une poignée de chars Matilda et par l'artillerie. Le défi est le même, en plus grand : franchir le fossé antichar et les barbelés, neutraliser l'artillerie ennemie, puis exploiter. Les Australiens veulent en outre s'emparer du port et de ses installations intacts, pour qu'ils servent immédiatement à la logistique de la suite.
Mackay doit décider du tempo et de l'objectif prioritaire : lancer un assaut rapide pour profiter de l'élan et du désarroi italien, prendre le temps d'une préparation méthodique au risque de laisser souffler l'ennemi, ou concentrer l'effort sur la capture intacte des installations portuaires.
Comment Mackay doit-il enlever Tobrouk ?
Mackay combine A et C : l'assaut, lancé à l'aube du 21 janvier 1941 sur le même modèle qu'à Bardia, perce le périmètre ; le 22, Tobrouk tombe avec sa garnison — environ 25 000 prisonniers — et son port largement intact, ce qui soulagera aussitôt la logistique britannique. La victoire est éclatante, mais l'avance épuise hommes et matériel, et les chars Matilda commencent à manquer. Compass roule pourtant vers l'ouest : Derna, puis la course vers Beda Fomm. Tobrouk reviendra au premier plan quelques semaines plus tard — assiégé cette fois par Rommel, sa garnison australienne y soutiendra un siège de plusieurs mois qui en fera un symbole de la résistance alliée en Afrique.









