Au nord de Dinant, à Houx, la Meuse présente une particularité : un vieux barrage-écluse prolongé par une digue rejoint un îlot au milieu du fleuve, offrant un passage à pied — étroit, glissant, mais franchissable sans pont ni bateau. Dans la nuit du 12 au 13 mai, l'avant-garde allemande (motocyclistes et reconnaissance de la division de Rommel) repère cette voie.
La défense française du secteur, persuadée que la Meuse est un obstacle sûr, surveille mal ce point singulier, à la jonction de deux unités. L'avant-garde allemande doit décider. Tenter aussitôt, de nuit et en silence, de faire passer des fantassins par la digue pour établir une tête de pont sur la rive ouest. Attendre les moyens de franchissement réguliers (canots, ponts) et l'appui d'artillerie. Ou signaler simplement le passage sans s'y engager.
L'enjeu est considérable : une tête de pont, même minuscule, établie par surprise dans la nuit fragiliserait toute la défense de la Meuse au nord de Dinant, à la charnière mal gardée entre deux armées françaises.
L'avant-garde allemande doit-elle franchir la Meuse de nuit par le barrage de Houx, attendre les moyens réguliers, ou se contenter de signaler le passage ?
Les Allemands choisissent A : dans la nuit du 12 au 13 mai, des fantassins se faufilent par le barrage de Houx et l'îlot, établissant l'une des premières têtes de pont allemandes sur la rive ouest de la Meuse — avant même le gros de l'effort de Rommel à Dinant. Le passage, négligé par une défense française mal articulée à la jonction de deux unités, illustre combien l'obstacle de la Meuse, jugé sûr, comportait des failles que l'audace et l'initiative allemandes ont exploitées. Élargie dans les heures suivantes, cette tête de pont contribue à l'effondrement du front de la . Houx montre qu'un détail de terrain, mal surveillé, peut décider d'une bataille.









