Timochenko à Summa — 11 février
Après les désastres soviétiques de décembre 1939 et janvier 1940 — Suomussalmi, Raate, Tolvajärvi, Kollaa —, Staline limoge le commandant en chef le 7 janvier 1940 et confie le au maréchal , 45 ans, vétéran de Khalkhin Gol et l'un des rares généraux soviétiques modernes à avoir survécu aux Grandes Purges.
En trois semaines, Timochenko refond toute la stratégie soviétique. Il masse ses forces sur l'isthme de Carélie, le long de l'axe Vyborg-Helsinki, seul théâtre où une victoire stratégique reste possible ; il adopte une doctrine de pénétration profonde appuyée sur une artillerie écrasante, 1 800 canons concentrés sur 80 km de front ; il y ajoute un soutien aérien massif de 1 000 appareils Tupolev SB et Polikarpov. Au total, il rassemble 600 000 hommes, 1 500 chars — des T-26, des BT-7 et le prototype KV-1 — et 2 400 canons. En face, sur la ligne Mannerheim, se tiennent environ 130 000 Finlandais, 50 canons antichars et aucune réserve blindée.
L'offensive s'ouvre le 1er février 1940 par une préparation d'artillerie de neuf jours, la plus intense de l'histoire militaire à cette date : plus de 800 000 obus s'abattent sur les 80 km de front. Le secteur de Summa, verrou central de la ligne Mannerheim, est saturé. Du 11 au 13 février, l'infanterie soviétique, appuyée par les chars KV-1 que les canons antichars Bofors finlandais de 37 mm ne parviennent pas à percer, enfonce la défense sur 5 km de profondeur.
Timochenko doit décider comment exploiter cette percée.
Comment Timochenko doit-il exploiter la percée de Summa ?
Timochenko applique A. Du 13 au 29 février 1940, l' avance de 25 km sur 60 km de front, prend le canal de Saimaa (16 février), enveloppe Vyborg (23 février), entre dans la ville (à demi-évacuée par les Finlandais) le 1er mars. Mannerheim signale au gouvernement Ryti le 28 février que l'armée finlandaise ne peut plus tenir plus de deux semaines — réserves humaines épuisées, munitions au minimum, aucune réserve blindée. La délégation finlandaise part pour Moscou le 6 mars. Paix de Moscou signée le 12 mars 1940 à 23h00. Conditions : la Finlande cède 11 % de son territoire — isthme de Carélie, Vyborg (sa deuxième ville), région de Sortavala, ports de Hanko (loué 30 ans), Kuusamo, Salla — soit 35 000 km² et 422 000 réfugiés finlandais évacués vers le sud-ouest. La Finlande conserve son indépendance. Bilan de la Guerre d'Hiver (105 jours) : Finlande 25 904 morts, 43 557 blessés ; URSS 131 476 morts (chiffres ouverts post-1991), 325 000 blessés ou disparus, 5 600 prisonniers, 3 543 chars perdus, 594 avions perdus. Timochenko est promu maréchal, commande en chef de l' en 1940. La leçon de la Guerre d'Hiver pour Hitler : « L' est faible, elle s'effondrera comme une masure pourrie dès qu'on la frappera. » Diagnostic catastrophiquement erroné qui inspirera Barbarossa.









