Pintor dans les Alpes — 21 juin
Le 21 juin 1940, alors que l'armistice franco-allemand est sur le point d'être signé, Mussolini exige une offensive italienne dans les Alpes : il lui faut une victoire à montrer avant la fin des combats. Le général commande les forces engagées sur les axes alpins — du Petit-Saint-Bernard au Mont-Cenis jusqu'à la côte vers Menton — soit plusieurs centaines de milliers d'hommes.
En face, l' du général Olry, bien moins nombreuse, tient une chaîne de fortifications de montagne (la « ligne alpine » de la Maginot) sur un terrain qui favorise massivement le défenseur. Les conditions sont exécrables : neige, brouillard, hautes altitudes, cols verrouillés par des ouvrages bétonnés.
Pintor sait que l'attaque, ordonnée pour des raisons de prestige, se heurte à des obstacles quasi insurmontables. Ses divisions, mal équipées pour la haute montagne, manquent de chaussures, de vêtements chauds et d'artillerie capable de réduire les forts. Pintor peut lancer l'offensive massive comme l'exige Mussolini, se contenter d'une démonstration symbolique pour les apparences, ou refuser un ordre qu'il juge militairement absurde.
Pintor doit-il lancer l'offensive massive voulue par Mussolini ?
Pintor exécute A et lance l'offensive. Le résultat est un échec tactique : impossible de franchir des cols enneigés tenus par des fortifications intactes. Les pertes italiennes se comptent par milliers (tués, blessés, gelés), pour quelques kilomètres gagnés autour de Menton, tandis que les pertes françaises restent très faibles. L'armistice franco-italien du 24 juin entérine cet échec : l'Italie n'occupe qu'une mince bande frontalière. La bataille des Alpes, seule où l'armée française de 1940 conserve l'avantage, restera éclipsée par la débâcle générale. Pintor est ensuite écarté ; il meurt en 1941.









