Hitler au Sportpalast — 30 janvier 20h
Chaque 30 janvier depuis la prise de pouvoir 1933, Hitler prononce un discours commémoratif au Sportpalast de Berlin — salle iconique du nazisme, lieu de propagande de masse. Le 30 janvier 1940 marque le 7e anniversaire de l'accession.
Audience : 25 000 personnes dans le Sportpalast, transmission radio à toutes les fréquences allemandes et neutres. Préparation : Hitler rédige personnellement le discours pendant 5 jours (16-21 janvier), avec retouches de Goebbels.
Contexte : la drôle de guerre est paralysée à l'Ouest (Hitler vient de reporter une nouvelle fois Fall Gelb), la Pologne est militairement détruite mais administrativement complexe, la Guerre d'Hiver finno-soviétique humilie l'allié URSS, les États-Unis s'arment ouvertement (Cash and Carry). Hitler doit : - Rassurer l'opinion allemande (qui s'inquiète de la guerre prolongée et du rationnement renforcé) - Menacer les Alliés sans déclencher l'invasion (encore reportée) - Justifier les politiques d'extermination à l'Est (Frank, Greiser) sans les nommer publiquement - Glorifier sa propre stature
Hitler doit choisir le ton dominant du discours.
Quel ton dominant Hitler adopte-t-il dans le discours ?
Hitler combine B et C. Le discours dure 1 h 47. Passages clés : - Réaffirmation de sa « prophétie » du 30 janvier 1939 : « Si les Juifs internationaux à l'intérieur et à l'extérieur de l'Europe parvenaient à plonger encore une fois les peuples dans une guerre mondiale, le résultat sera (...) l'anéantissement de la race juive en Europe » — répétition presque mot pour mot - Attaques contre la plouto-démocratie britannique (« la Grande-Bretagne contrôle 40 millions de km², l'Allemagne 600 000 — c'est cela qu'on appelle 'liberté' ? ») - Pas un mot sur la Guerre d'Hiver finno-soviétique (alliance gênante) - Évocation vague des « mesures dures » en Pologne sans nommer Frank ou les - Apothéose finale : « Le 7e anniversaire de notre prise de pouvoir nous trouve plus forts que jamais. Cette guerre, nous la gagnerons. »
Réception : ovation prolongée, propagande Goebbels exploite intensivement. La « prophétie » réitérée du 30 janvier 1940 sera invoquée régulièrement par Hitler lui-même comme justification rétrospective de la Solution finale (cf. journal Goebbels 12 décembre 1941). Le discours du 30 janvier 1940 est aujourd'hui considéré par les historiens () comme l'une des annonces publiques explicites du projet d'extermination — bien que sa portée n'ait pas été comprise à l'époque comme un véritable plan.









