Pajala — Khorov le 21 janvier
Le 21 janvier 1940 vers 11h30, une escadrille de bombardiers soviétiques Tupolev SB-2 (cinq appareils) du opère au-dessus de la Carélie nord. Mission : bombarder l'usine d'allumettes de Rovaniemi (Finlande). Mauvaise visibilité (neige légère, ciel bas), erreurs de navigation : les pilotes prennent une rivière finlandaise pour une autre, franchissent par erreur la frontière suédoise, et atteignent Pajala — petite ville suédoise de 1 800 habitants en Norrbotten.
Le capitaine , 28 ans, chef de patrouille, ordonne le largage des bombes sur ce qu'il identifie comme un « dépôt militaire finlandais » à 12h00. 130 bombes tombent sur Pajala — quartier résidentiel, école communale, gare. Réveil pour les villageois suédois qui pensaient leur pays neutre à l'écart de la guerre. Aucune victime mortelle — les bombes tombent principalement dans les jardins enneigés, plusieurs n'explosent pas. Dégâts matériels : 4 maisons détruites, 6 endommagées, gare partiellement touchée.
Le gouvernement suédois (Hansson, Günther aux Affaires étrangères) est immédiatement averti. Crise diplomatique majeure : la Suède peut-elle entrer en guerre contre l'URSS suite à cette agression aérienne ?
Comment Hansson et Günther doivent-ils répondre ?
Hansson et Günther choisissent B. Note diplomatique transmise via Stockholm à Moscou le 22 janvier. Moscou répond par télégramme Molotov le 27 janvier : excuses officielles (rare initiative diplomatique soviétique), reconnaissance que les pilotes ont « dévié de leur route », offre de remboursement des dégâts (40 000 couronnes suédoises de l'époque). La crise est désamorcée. Sandler, désormais hors gouvernement, critique cette modération comme « lâcheté scandinave ». L'incident de Pajala devient un précédent diplomatique : démontre que les neutres scandinaves peuvent encaisser sans rompre la neutralité. Hitler, en mars 1940 lors de la préparation de Weserübung, en tire la leçon inverse : les Scandinaves ne sont pas crédibles dans leur défense, ce qui le rassure sur la faisabilité de l'invasion de la Norvège. Khorov continue de servir, abat 3 avions allemands en 1941, survit à la guerre, finit ingénieur civil. Meurt en 1968 à Léningrad. Pajala accueille aujourd'hui un musée commémoratif du bombardement.









