L'étudiant allemand face à la nazification de l'université (1939)
À l'automne 1939, les universités allemandes sont nazifiées depuis 1933. Le Nationalsozialistischer Deutscher Studentenbund (NSDStB, Ligue des étudiants nationaux-socialistes), encadre la vie étudiante, surveille les enseignants et a participé à l'exclusion des professeurs et étudiants juifs et à l'autodafé du 10 mai 1933. Adhérer à ses organisations facilite les examens, les bourses et l'accès aux carrières.
Un étudiant en médecine, fils d'un milieu modeste, doit s'inscrire pour le semestre. Le service du travail (Reichsarbeitsdienst) puis les obligations militaires pèsent déjà sur sa génération, et la guerre vient d'éclater à l'Est.
Il peut s'engager activement dans l'encadrement nazi, se conformer en silence pour poursuivre ses études, ou tenter un retrait discret au risque de se marginaliser.
À la rentrée d'automne 1939, comment cet étudiant se positionne-t-il face à l'emprise nazie sur son université ?
La grande majorité des étudiants allemands ont choisi le conformisme : adhésion ou participation de façade aux structures nazies (NSDStB, organisations étudiantes, Reichsarbeitsdienst), par opportunisme de carrière ou par crainte, sans engagement militant ni résistance. Dès 1933 le NSDStB avait coordonné (Gleichschaltung) les universités, encadré les étudiants et contribué à l'exclusion des juifs et opposants ; en 1939 cette mainmise était routinière et l'opposition ouverte restait marginale et dangereuse. Le conformisme silencieux fut le comportement documenté le plus répandu.









