Welles chez Hitler — 2 mars 11h
, sous-secrétaire d’État américain, est envoyé en mission spéciale par pour évaluer les positions des chefs européens — possibilité ou non d’une médiation pour mettre fin à la guerre avant son extension. Welles a déjà rencontré Mussolini à Rome (26 février) ; il arrive à Berlin le 1er mars 1940.
Premier entretien le 1er mars à 15h : , ministre des Affaires étrangères. Welles décrit dans ses notes un monologue glacial de 90 minutes sur les « raisons historiques » de la guerre, sans la moindre ouverture.
Le 2 mars à 11h, Welles est reçu par à la Chancellerie. Présents : Hitler, Ribbentrop, l’interprète , Welles seul. Hitler reçoit Welles assis (rupture du protocole habituel envers un envoyé d’un chef d’État). Il monologue pendant 75 minutes sans laisser Welles intervenir. Thèmes récurrents : « injustice de Versailles », « plouto-démocratie » anglo-saxonne, « ennemi juif », « révision territoriale nécessaire ». Refus catégorique de tout retour à la frontière de 1939 — la Pologne reste « partagée ». Aucun engagement sur la Tchécoslovaquie. Pas un mot sur la Norvège (l’opération Weserübung est en préparation secrète).
Welles écoute, prend des notes mentales, ne pose aucune question. Sortie courtoise à 12h15. Reste à formuler le rapport pour Roosevelt.
Quelle conclusion Welles transmet-il à Roosevelt sur Hitler ?
Welles transmet B à Roosevelt dans son rapport. Notation Welles : « Hitler est un homme convaincu de sa mission. Aucune perspective de paix sans victoire totale. » Welles rencontre encore Goering à Carinhall (3 mars), qui se montre plus accommodant en privé mais répète la ligne officielle ; puis (4 mars), encore plus rigide. Welles quitte Berlin convaincu : aucune marge diplomatique. Il poursuit sa tournée — Paris, Londres, retour à Washington le 29 mars. Le rapport Welles est l’un des éléments décisifs qui pousseront Roosevelt à intensifier l’aide aux Alliés au printemps 1940. Hitler considère Welles comme un envoyé de « la juiverie de Wall Street » (note Goebbels). rapporte dans ses mémoires (1949) que l’entretien fut l’un des « plus déprimants » de sa carrière — sentiment d’incommunicabilité totale entre les deux interlocuteurs.









