Le coup de main sur Ében-Émael
Le fort d'Ében-Émael, achevé en 1935, passe pour la forteresse la plus moderne et la plus puissante d'Europe : enterré, hérissé de canons, il verrouille les ponts du canal Albert, clé de la défense belge au nord-est. Le prendre par les moyens classiques coûterait des semaines et des milliers d'hommes.
Les Allemands conçoivent une opération inédite : déposer, à l'aube du 10 mai, un détachement de parachutistes du génie directement sur le toit du fort, au moyen de planeurs silencieux, pour neutraliser les coupoles avec des charges creuses avant que la garnison ne réagisse. Le lieutenant commande ce coup de main d'une audace extrême — mais d'une grande fragilité : une poignée d'hommes, sans artillerie, face à plus de mille défenseurs.
Le commandement allemand peut tenter ce coup de main aéroporté par planeurs, en pariant tout sur la surprise. Recourir à un assaut classique d'infanterie et d'artillerie, plus sûr mais lent. Ou contourner le fort en acceptant qu'il reste une menace sur les arrières. La réussite ou l'échec déterminera la vitesse de l'entrée en Belgique.
Faut-il tenter le coup de main aéroporté sur Ében-Émael, mener un assaut classique, ou contourner le fort ?
Les Allemands choisissent A : à l'aube du 10 mai 1940, une cinquantaine de parachutistes du génie se posent en planeurs sur le toit d'Ében-Émael et neutralisent ses principales coupoles à la charge creuse en quelques minutes, paralysant la forteresse. La garnison, sonnée et coupée du commandement, se rend le lendemain. Ce coup de main, l'un des plus spectaculaires de la guerre, ouvre les ponts du canal Albert et précipite l'effondrement de la première ligne belge. Il révèle au monde la puissance des forces aéroportées et des charges creuses, et inspire durablement la doctrine des troupes d'assaut. La forteresse réputée imprenable était tombée en une journée.









