Galland au-dessus de l'estuaire
Le Major , 28 ans, commande le III. groupe de la depuis les terrains du Pas-de-Calais. Promu major six jours plus tôt, il est déjà l'un des chasseurs les plus en vue de la Luftwaffe, dans l'orbite directe du Reichsmarschall .
Depuis début juillet se livre le Kanalkampf — la « bataille de la Manche » —, prélude obligé à toute invasion de la Grande-Bretagne. La Luftwaffe harcèle les convois côtiers britanniques pour fermer le détroit. Le briefing décrit un adversaire déjà ébranlé par la chute de la France et donné pour numériquement épuisé.
Ce 24 juillet, Galland mène 40 chasseurs Messerschmitt Bf 109 escortant 18 bombardiers Dornier Do 17 lancés contre un convoi marchand dans l'estuaire de la Tamise. Mais trois escadrilles de Spitfire de la Royal Air Force surgissent pour défendre les navires, plus mordantes que prévu malgré leur infériorité numérique. Ses pilotes hésitent au contact, la chasse adverse tient bon et l'attaque sur le convoi se grippe.
Galland doit décider, en quelques minutes, comment conduire l'engagement ordonné.
Forcez-vous l'attaque malgré une chasse adverse plus dure que prévu, ou rompez-vous le combat ?
Galland choisit A : il pousse l'attaque jusqu'au bout et abat lui-même un Spitfire (celui du P/O , du ). Mais le bilan le frappe : les Britanniques ne perdent que deux appareils alors que ses pilotes en revendiquent seize. De retour au sol, il tance ses hommes pour leur réticence à engager les Spitfire et commence à soupçonner que la bataille ne sera pas aussi facile que le supposait le Reichsmarschall. Son verdict naissant — un adversaire déterminé, bien équipé, jouant sur son sol — annonce l'erreur d'appréciation qui minera la campagne. Le 22 août, Göring le nommera Kommodore de toute la . Galland terminera la guerre avec 104 victoires homologuées et deviendra général de la chasse, l'un des aviateurs allemands les plus célèbres du conflit.









