Les parachutistes sur La Haye
Au matin du 10 mai 1940, l'Allemagne tente un coup sans précédent : s'emparer du cœur politique des Pays-Bas par un assaut aéroporté. Le plan, inspiré par le général , prévoit de larguer parachutistes et troupes aéroportées sur les aérodromes autour de La Haye (Ypenburg, Ockenburg, Valkenburg) pour capturer le gouvernement, l'état-major et peut-être la reine, et provoquer un effondrement immédiat.
L'opération est d'une audace extrême mais risquée : les troupes aéroportées, légèrement armées, seraient isolées au cœur du dispositif ennemi, dépendantes de la prise rapide des aérodromes pour être renforcées. Une défense néerlandaise vigoureuse pourrait les anéantir.
Le commandement allemand peut lancer l'assaut aéroporté sur La Haye pour décapiter l'État néerlandais d'emblée. Concentrer plutôt l'effort aéroporté sur Rotterdam et les ponts, objectifs plus sûrs. Ou renoncer à l'emploi massif des aéroportés, jugé trop hasardeux. Le pari, s'il réussit, abrège la campagne ; s'il échoue, il gaspille une élite irremplaçable.
Faut-il lancer l'assaut aéroporté sur La Haye, le concentrer sur Rotterdam, ou y renoncer ?
Les Allemands tentent A — et échouent : l'assaut sur les aérodromes de La Haye le 10 mai se heurte à une défense néerlandaise résolue. Les aérodromes ne sont pas tenus, les troupes aéroportées subissent de lourdes pertes, de nombreux avions de transport sont détruits, et le gouvernement comme la reine échappent à la capture. C'est l'un des rares revers allemands de la campagne et la première grande alerte sur la vulnérabilité des opérations aéroportées. L'effort de Student est en revanche décisif autour de Rotterdam. L'échec de La Haye, et les pertes en avions de transport, pèseront plus tard dans la prudence allemande — et inspireront, a contrario, la coûteuse opération aéroportée de Crète en 1941.









