Waalhaven — assaut sur l’aérodrome de Rotterdam
L’aérodrome de Waalhaven, au sud de Rotterdam, commande la défense aérienne de la zone Rotterdam–La Haye : c’est le pivot que les Allemands veulent saisir intact pour y poser leurs renforts. À 04h45 le 10 mai, une compagnie de parachutistes de Fallschirmjäger saute dans les terrains marécageux qui bordent la piste. La défense néerlandaise, quelques centaines d’hommes appuyés de chasseurs lourds Fokker G.I, résiste mais cède en moins de deux heures ; l’aérodrome est aux mains des assaillants au petit matin.
Aussitôt, des dizaines de Ju 52 se posent en chaîne sur la piste conquise pour débarquer l’infanterie de la — premier pont aérien tactique massif de l’histoire militaire. C’est par cette noria qu’arrive l’Oberstleutnant , à la tête du .
Choltitz — l’officier qui, en août 1944, refusera de détruire Paris sur ordre d’Hitler — prend le commandement opérationnel à Waalhaven. Devant lui, le centre de Rotterdam et ses ponts sur la Meuse. Derrière lui, un aérodrome fraîchement pris, encore mal tenu, vital pour le flot de renforts. Il doit décider de l’emploi immédiat de ses forces.
Faut-il foncer aussitôt vers le centre de Rotterdam, ou d’abord verrouiller l’aérodrome conquis ?
Choltitz applique A, puis B : il pousse vers Rotterdam dès le soir du 10 mai, atteint les abords des ponts sur la Meuse mais bute sur une défense néerlandaise qui tient la rive nord, puis revient consolider Waalhaven. L’aérodrome reste le poumon logistique de la tête de pont allemande dans la ville. La situation se dénoue brutalement le 14 mai avec le bombardement de Rotterdam, qui précipite la capitulation néerlandaise. Choltitz, officier prussien appliquant l’Auftragstaktik à la lettre, n’est encore en 1940 qu’un exécutant zélé. Sa postérité se jouera quatre ans plus tard, quand il désobéira à Hitler pour épargner Paris. Libéré par les Alliés en 1947, il publie ses mémoires et meurt en 1966.









