Reinhardt vers les ports — la menace d’Arras
Après son démarrage retardé à Monthermé, a poursuivi son avance vers l’ouest. Le 21 mai, son atteint Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais, à environ 80 km au nord d’Abbeville où Guderian vient de toucher la Manche. Sa mission est désormais limpide : foncer sur Boulogne, Calais et Dunkerque, les trois ports par lesquels le corps expéditionnaire britannique pourrait s’évacuer. La de Kempf progresse vers Calais par Aire-sur-la-Lys.
Depuis le franchissement de la frontière, ses chars ont déjà couvert des centaines de kilomètres en onze jours. La ruée des Panzers vers la mer a rabattu les Alliés du Nord dans une vaste poche, désormais menacée d’encerclement complet.
Mais ce 21 mai à 14h00, une contre-attaque imprévue éclate à Arras : la britannique du major-général Franklyn lance environ 74 chars Matilda contre le flanc de la de Rommel. C’est le premier vrai accroc allemand de la campagne ; Rommel lui-même évoquera dans ses notes un bref moment de désarroi. La menace est sérieuse — les Matilda résistent aux canons de 37 mm — et elle inquiète le commandement allemand sur la solidité du flanc nord. Reinhardt doit décider du rythme à imposer.
Accélérer la ruée vers Calais, consolider à Saint-Omer, ou diviser vos forces ?
Reinhardt applique A. Il accélère vers la côte : Boulogne est atteinte le 22 mai, Calais encerclée le 23 mai, tandis que la contre-attaque d’Arras est contenue plus à l’est, notamment par les canons de 88 mm employés contre les Matilda. Boulogne capitule le 25 mai après la résistance des ; Calais tient plus longtemps, le brigadier Nicholson refusant tout ultimatum jusqu’au 26 mai. La poche autour du corps expéditionnaire britannique et des armées françaises du Nord se referme, ne laissant bientôt que Dunkerque comme issue maritime — où se jouera l’opération Dynamo. La ruée des Panzers vers les ports est militairement décisive, mais la halte ordonnée par Hitler le 24 mai en suspendra l’élan. Reinhardt poursuivra une carrière de premier plan ; ses opérations ultérieures en Yougoslavie et en URSS lui vaudront 15 ans de prison à Nuremberg en 1948.









