Valkenburg — paras sur piste de gazon
L’aérodrome de Valkenburg, entre Leyde et Katwijk (au nord-ouest de La Haye), est la troisième cible aéroportée néerlandaise. Achevé peu avant la guerre, il n’a pas encore de revêtement dur : sa piste n’est qu’un tapis de gazon détrempé par les pluies des jours précédents. Les Allemands l’ignorent quand ils l’inscrivent au plan d’encerclement de La Haye.
À 04h45 le 10 mai, les parachutistes de la compagnie du Leutnant von Plessen sautent autour du terrain, tandis que les Ju 52 amènent l’infanterie aéroportée de l’ sous l’Oberst . Dès les premiers appareils, le piège se referme : les roues s’enfoncent dans la boue. Avion après avion s’enlise, et chaque épave bloque un peu plus la piste pour ceux qui suivent. L’embouteillage devient mortel.
La défense néerlandaise, plusieurs centaines d’hommes du , ouvre un feu nourri sur les transports immobilisés. Les renforts ne peuvent plus se poser, et les troupes déjà au sol se retrouvent isolées autour d’un aérodrome inutilisable. Le commandement aéroporté allemand doit décider du sort de cette poche.
Avec une piste impraticable et des renforts cloués au sol, faut-il maintenir la position à Valkenburg ?
La force aéroportée applique A — faute de véritable alternative, isolée et privée de mobilité. La poche de Valkenburg, encerclée, capitule le 11 mai en fin d’après-midi sans avoir rien conquis de durable. C’est le premier vrai coup d’arrêt de l’invasion des Pays-Bas, masqué dans l’immédiat par les succès du canal Albert et de Waalhaven. La Luftwaffe en tire une leçon — ne plus poser de transports sur un terrain non préparé — mais néglige la plus importante : la fragilité des troupes aéroportées une fois au sol sans appui blindé rapide. Cette faille produira le carnage de la Crète, en mai 1941. Sur les plus de 3 000 hommes prévus à Valkenburg, moins d’un millier seulement avait pu être débarqué avant que le terrain ne se referme comme un bourbier.









