Les Grecs au col de Klisura
Depuis le « Non » d'octobre 1940, l'armée grecque a non seulement repoussé l'invasion italienne mais porté la guerre en Albanie occupée, d'où l'attaque était partie. Sous le commandement du général , treize divisions grecques pressent une seizaine de divisions italiennes dans les montagnes, par un hiver effroyable — neige, gel, pistes impraticables.
Au début de janvier 1941, l'objectif est le col de Klisura, verrou stratégique sur la route de Valona (Vlorë), l'un des deux grands ports par lesquels l'Italie ravitaille ses forces. Prendre Klisura rapprocherait les Grecs de l'asphyxie logistique de l'adversaire. Mais l'armée grecque est elle-même à bout : usée par des semaines d'offensive en altitude, à court de matériel moderne, ses soldats souffrent autant du froid que de l'ennemi. Le gel fait dans leurs rangs presque autant de victimes que les combats : des milliers de pieds gelés et d'amputations affaiblissent une armée pourtant victorieuse.
Papagos doit arbitrer : pousser l'offensive vers Klisura et Valona pour exploiter l'avantage avant l'hiver et l'arrivée probable des Allemands, ou consolider les positions acquises pour préserver une armée épuisée. Il sait qu'une intervention allemande dans les Balkans n'est qu'une question de temps.
Papagos doit-il pousser l'offensive vers Klisura et Valona ou consolider ses positions ?
Papagos choisit A. Le 10 janvier 1941, après de durs combats contre des troupes italiennes fraîchement arrivées, les Grecs enlèvent le col de Klisura — une nouvelle victoire qui les rapproche de Valona. Mais l'offensive s'essouffle ensuite : l'épuisement, le terrain et les renforts italiens stabilisent le front en Albanie pour l'hiver, sans que Valona ne tombe. La résistance grecque, éclatante, a un coût stratégique caché : elle pousse Hitler à préparer l'invasion de la Grèce (directive Marita) pour secourir son allié et protéger ses arrières avant Barbarossa. L'offensive d'Albanie immobilise aussi des forces grecques qui manqueront cruellement face à l'attaque allemande d'avril 1941. Klisura reste le sommet de l'épopée grecque de l'hiver 1940-1941.









