L'Illustrious sous les Stukas
Depuis le raid de Tarente en novembre 1940, le porte-avions HMS Illustrious est devenu le navire le plus précieux — et le plus visé — de la flotte britannique de Méditerranée. Il escorte un convoi vital vers Malte lorsque, le 10 janvier 1941, la donne change brutalement : le , unité allemande spécialisée dans l'attaque antinavire, vient d'arriver en Sicile, avec ses bombardiers en piqué Junkers 87 (Stuka).
Les Allemands ont préparé l'attaque avec soin, s'entraînant même sur des cibles factices. Le 10, des avions italiens attirent d'abord la chasse de l'Illustrious à basse altitude ; puis une cinquantaine de Stukas plongent sur le porte-avions, désormais dégarni de sa couverture aérienne. En quelques minutes, le navire encaisse six bombes, son pont d'envol éventré, des incendies à bord, plus d'une centaine de marins tués.
Le capitaine doit décider de la conduite à tenir avec un bâtiment gravement touché, sous les bombes, en pleine mer : tenter de gagner Malte distante pour s'y faire réparer sous les attaques, mettre le cap au large vers Alexandrie, ou ordonner l'évacuation s'il juge le navire perdu.
Que doit faire Boyd de l'Illustrious gravement touché ?
Boyd choisit A : malgré les avaries et de nouvelles attaques, l'Illustrious parvient à gagner le Grand Port de La Valette, à Malte, le soir du 10 janvier. Les Stukas s'acharnent encore sur lui au mouillage dans les jours suivants — l'« Illustrious Blitz » — mais les ingénieurs réussissent à le rendre apte à appareiller ; il gagnera Alexandrie puis les États-Unis pour des réparations complètes. L'épisode change la stratégie en Méditerranée : l'arrivée de la Luftwaffe prive les Britanniques de leur suprématie acquise à Tarente et ouvre la longue agonie de Malte. Boyd, lui, deviendra un haut responsable de l'aéronavale. L'attaque démontre la vulnérabilité des navires de surface face à une aviation déterminée et bien entraînée.









