Le cuirassé inachevé de Saint-Nazaire
Le Jean Bart, deuxième cuirassé de la classe Richelieu, est lancé le 6 mars 1940 aux chantiers de Saint-Nazaire (Penhoët et Ateliers et Chantiers de la Loire). En juin, il est très loin d'être achevé : une seule tourelle principale est en place, sans tout son système de tir, et la propulsion n'est que partiellement montée.
Le 11 juin, le commandant Ronarc'h reçoit l'ordre de gagner Casablanca. Mais les Allemands progressent vers Nantes, le chenal de sortie n'est pas suffisamment dragué, et la moindre erreur de marée peut clouer le navire au fond. En mer, un destroyer britannique propose même de le remorquer vers l'Angleterre.
Le commandant doit trancher dans l'urgence : risquer la sortie d'un bâtiment à peine capable de naviguer, ou choisir une autre voie.
Avec un cuirassé loin d'être terminé et l'ennemi qui approche de l'estuaire, que décide le commandant ?
Ronarc'h choisit la fuite vers Casablanca. Le navire est sorti du bassin par 3 remorqueurs aux premières heures du 19 juin, profitant de la marée haute. Il s'échoue brièvement, encaisse sans dommage majeur une attaque de bombardiers He 111, puis, en mer, le commandant décline l'offre du destroyer britannique HMS Vanquisher de le remorquer vers l'Angleterre, conformément à ses ordres. Le Jean Bart atteint Casablanca intact le 22 juin 1940, échappant à la capture allemande. Il y affrontera les Américains lors d'Operation Torch en novembre 1942.
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T04-155