Les chemins de fer belges face à l'occupant
En mai 1940, la SNCB est placée sous le commandement suprême de l'armée. Pendant la campagne des 18 jours, le rail évacue autorités, fonctionnaires et civils en fuite vers la France ; une partie du matériel roulant prend aussi la route du sud. Mais la débâcle est rapide : le 28 mai, l'armée belge capitule, et la Wehrmacht s'empare d'un réseau largement intact.
La direction se retrouve seule, sans couverture politique : le conseil d'administration ne se réunira qu'en août. Le réseau ferré est l'épine dorsale de la vie économique belge — mais aussi un atout précieux pour l'occupant, qui en a besoin pour ses transports militaires.
Faut-il refuser de redémarrer pour ne rien offrir à l'ennemi, saboter ce qui peut l'être, ou remettre les trains en marche pour nourrir et approvisionner la population au prix d'un service rendu à l'occupant ?
Après la capitulation belge, que doit faire la direction de la SNCB de son réseau et de son matériel roulant ?
La direction de la SNCB décide le 19 juin 1940 de relancer l'entreprise, le personnel étant rappelé au travail à partir du 22 juin. Le réseau, resté largement intact, est remis en service : la direction juge les services rendus aux transports militaires allemands comme « le prix à payer » pour maintenir le ravitaillement et l'approvisionnement de la Belgique. L'évacuation n'avait été que partielle — seules 381 locomotives, sur un parc d'environ 3 414, avaient atteint la France, où elles furent d'ailleurs bientôt saisies par les Allemands. Aucun sabotage systématique du réseau ne fut entrepris par la SNCB.
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