Chasselay — les tirailleurs capturés
En juin 1940, alors que la France s'effondre, des tirailleurs ouest-africains (« tirailleurs sénégalais ») de l'armée française défendent avec acharnement les abords de Lyon, notamment autour de Chasselay. Ces soldats coloniaux, intégrés à l'armée française, se battent vaillamment pour retarder l'avance allemande.
Après les combats, ces tirailleurs sont faits prisonniers. Or l'idéologie nazie, profondément raciste, considère les soldats noirs avec un mépris haineux. Le commandement allemand local, dont relèvent des unités de la Wehrmacht et de la Waffen-SS, fait alors face à un choix qui n'aurait jamais dû en être un quant au sort de ces combattants désarmés.
Les Allemands peuvent respecter le statut de prisonnier de guerre des tirailleurs capturés, comme l'exige le droit de la guerre. Les maltraiter, sans aller jusqu'au meurtre. Ou les séparer du reste des prisonniers et leur réserver un traitement dicté par l'idéologie raciale. Que vont décider les troupes qui les tiennent à leur merci ?
Faut-il traiter les tirailleurs capturés comme des prisonniers de guerre, ou les séparer pour les exécuter ?
Des unités allemandes, dont la , retiennent C : les 19-20 juin 1940, à Chasselay et alentour, plusieurs dizaines de tirailleurs ouest-africains prisonniers (les estimations varient, de plusieurs dizaines à autour de 50 sur ce site, davantage dans la région) sont exécutés sommairement, parfois écrasés sous des chars, pour la seule raison de leur couleur de peau. Ce massacre, l'un de plusieurs commis contre des troupes coloniales françaises en 1940, témoigne du caractère raciste et criminel de la Wehrmacht et de la SS dès le début de la guerre, et bat en brèche le mythe d'une armée allemande respectueuse des lois. Les victimes reposent au Tata de Chasselay, nécropole érigée en leur mémoire. Le crime rappelle le sort spécifique réservé aux soldats noirs de l'armée française.









