Vinkt — le soupçon de francs-tireurs
Fin mai 1940, lors de la bataille de la Lys, le village de Vinkt, près de Deinze, est âprement défendu par les Chasseurs ardennais. Face à eux, la , composée en grande partie de soldats peu aguerris venus de la région d'Itzehoe, peine à franchir les positions belges et subit des pertes.
Leurs véritables adversaires sont des soldats réguliers. Mais, sous le feu et l'inexpérience, certains officiers allemands soupçonnent des francs-tireurs civils d'être à l'origine des tirs, réveillant une hantise héritée de 1914. La conduite à tenir envers la population du village est désormais en jeu.
Les Allemands se trouvent devant un choix lourd. Évacuer les civils hors de la zone de combat. Rassembler des civils comme otages et boucliers humains, puis exercer des représailles sur le simple soupçon de tirs civils. Ou s'en tenir au droit de la guerre, en distinguant combattants et non-combattants. Le contexte — pertes, inexpérience, peur, propagande sur les « francs-tireurs » — pèse lourdement, dans un village déjà encombré de réfugiés.
Faut-il prendre les civils de Vinkt en otages et exercer des représailles sur le soupçon de francs-tireurs ?
Les officiers de la retiennent A : alors que leurs adversaires réels étaient des soldats réguliers, ils tiennent les villageois pour responsables des tirs et agissent contre la population. Les 27 et 28 mai 1940, environ 86 civils sont exécutés à Vinkt, le bilan total des victimes pouvant approcher 140 selon les sources — auxquels s'ajoutent une trentaine de réfugiés tués par un obus tombé sur une colonne. Des villageois sont pris comme otages et boucliers humains. Le massacre, l'un des plus graves commis par la Wehrmacht à l'Ouest en 1940, repose sur une accusation infondée de tirs civils. Il illustre la permanence de la « psychose des francs-tireurs » et bat en brèche le mythe d'une armée allemande étrangère aux crimes de guerre.









