Les coques néerlandaises sur les cales de Rotterdam
Mi-mai 1940, les Pays-Bas capitulent. Sur les cales de Wilton-Fijenoord et des chantiers voisins, la Kriegsmarine découvre toute une génération de navires de guerre néerlandais en construction : un sous-marin presque achevé, des contre-torpilleurs de la classe , et les coques de deux croiseurs légers.
Certaines de ces unités ont été sabordées par les équipes de démolition néerlandaises dans le Nieuwe Waterweg pour échapper à l'ennemi. D'autres restent intactes sur leurs tins.
Le commandement allemand doit trancher : exploiter cette main-d'œuvre et ces coques pour son propre compte, ou renoncer à un outil industriel dont la fiabilité, sous occupation, reste incertaine.
Après la capitulation néerlandaise, que faire des navires de guerre saisis inachevés sur les chantiers de Rotterdam et de Schiedam ?
Les Allemands ont choisi de récupérer et d'achever les unités à leur profit. Le sous-marin O 25 fut terminé et incorporé sous le nom UD-3. Le contre-torpilleur , saborné le 14 mai 1940, fut renfloué durant l'été 1940, remorqué à Hambourg et achevé chez Blohm & Voss sous le nom ZH1 (commissionné le 11 octobre 1942). Les deux coques de croiseurs furent saisies sous les noms KH 1 et KH 2 (Kreuzer Holland), réservées à un achèvement d'après-guerre ; KH 1 fut lancée le 24 décembre 1944 pour servir de brûlot-barrage, projet jamais exécuté. Les chantiers continuèrent par ailleurs à produire pour la Kriegsmarine (dragueurs de mines), avant que l'occupant ne pille machines et outillage en 1943-1944.









