Les armes de l'armistice — un secret sous la table de Wiesbaden
Juin 1940. L'armistice signé avec l'Allemagne impose le contrôle des armes, munitions et matériels de guerre conservés en zone non occupée. Des commissions de contrôle germano-italiennes parcourent la zone libre pour inventorier, surveiller et faire neutraliser ces stocks.
Au sein de l'état-major, des officiers chargés du matériel doivent trancher : appliquer loyalement les clauses et livrer ou détruire l'armement déclaré, ou bien soustraire discrètement une partie des stocks aux yeux des contrôleurs.
Cacher du matériel, c'est risquer la rupture de l'armistice, des sanctions, voire la dissolution de l'armée. Le respecter à la lettre, c'est désarmer durablement la France.
Face aux commissions de contrôle de l'armistice qui exigent l'inventaire et la neutralisation des armes et munitions conservées en zone libre, que décident les officiers français responsables du matériel ?
Dès juillet 1940, le commandant , placé par le colonel (chef d'état-major de l'armée) à la tête de la section Matériel du 1er Bureau, organise clandestinement le Camouflage du Matériel (CDM) sous couvert administratif de « conservation du matériel ». Des équipes détournent et dissimulent armes, munitions, canons et véhicules dans des bâtiments publics, propriétés privées, entreprises de transport, grottes et carrières abandonnées, hors de portée des commissions de contrôle. Le CDM monta même, avec la société Étienne Dubourg et Cie de Marseille, de véritables ateliers de fabrication. Ces stocks camouflés serviront à la Résistance et à l'armée après le débarquement.









