Article 13 : la SNCF face à l'occupant
22 juin 1940. L'armistice est signé. L'article 13 de la convention place le réseau ferré de la zone occupée — deux tiers de la SNCF — à l'entière disposition du chef des transports allemand, qui en fixe les priorités. Les trains militaires de la Wehrmacht passent avant tout le reste.
Les cheminots français continuent d'exploiter les voies, mais sous la surveillance d'agents de la Reichsbahn. Dès l'été, l'occupant réquisitionne le matériel : un premier ordre porte sur mille locomotives et trente-cinq mille wagons.
La direction générale, conduite par , doit arrêter une ligne de conduite officielle pour l'entreprise tout entière, alors que le pays est coupé en deux et le personnel sous la menace de sanctions allemandes.
Comment la direction de la SNCF doit-elle répondre aux exigences allemandes de transport imposées par l'armistice ?
La direction de la SNCF choisit d'appliquer « loyalement » l'article 13 : les cheminots français continuent d'exploiter le réseau sous contrôle allemand et assurent les transports exigés par l'occupant, y compris militaires. Cette politique de collaboration ferroviaire d'État se poursuivra jusqu'en 1944, incluant le transport de troupes, de requis du STO puis de déportés. Les actes de résistance et de sabotage — comme le détournement de wagons vers la zone libre par les cheminots Berger et Jardinier à Poitiers dès le 23 juin 1940 — furent le fait d'individus et de réseaux, jamais une politique de la direction. Le Besnerais fut écarté de la SNCF par la mise à la retraite anticipée à la Libération.









