Citroën, l'occupant et la petite voiture secrète
Été 1940. Paris est occupé. L'usine Citroën du quai de Javel, propriété du groupe Michelin, est sommée de produire des camions pour la Wehrmacht. Mais l'entreprise cache aussi un autre trésor : la TPV (Toute Petite Voiture), prototype d'une voiture populaire mise au point en grand secret à la fin des années 1930.
Les responsables techniques allemands, qui développent de leur côté la future Coccinelle et sa version militaire Kübelwagen, manifestent un vif intérêt pour ce projet français. Plusieurs prototypes existent encore, dispersés dans les ateliers et les centres d'essai.
Boulanger, qui refuse tout contact direct avec les autorités allemandes, doit trancher : laisser examiner ces prototypes, les livrer, ou les faire disparaître pour qu'aucune application militaire n'en sorte.
Citroën développe en secret depuis les années 1930 un prototype de voiture populaire, la TPV. Sous l'Occupation, les ingénieurs allemands s'y intéressent de près. Que décide Boulanger pour ces prototypes ?
Boulanger et la direction (avec Michelin, actionnaire principal) décident de soustraire la TPV aux Allemands : les prototypes sont cachés dans des lieux secrets, certains enterrés ou maquillés, d'autres détruits, afin d'éviter qu'une version militaire n'en soit tirée comme ce fut le cas avec la Coccinelle/Kübelwagen. Le projet reste dissimulé toute la guerre ; Boulanger en perfectionne le concept et la 2CV sera révélée seulement en 1948. On ne crut longtemps qu'à deux prototypes survivants, jusqu'à la redécouverte de plusieurs TPV cachés dans une grange en 1994. Boulanger figurait sur la liste noire allemande des « ennemis du Reich ».









