10 000 chars, et rien sur le papier
Le 20 juillet 1941, un mois après le déclenchement de Barbarossa, le Comité de défense d'État (GKO) signe le décret no 222ss : produire 10 000 chars légers. Problème, le char à fabriquer en série n'existe encore sur aucun plan. À l'usine no 37 de Moscou, l'ingénieur doit trancher très vite.
3 voies s'ouvrent à lui. Poursuivre le char amphibie T-40 déjà en production, mais dont le caisson flottant, complexe et coûteux, ralentit les chaînes. Développer une version terrestre plus ambitieuse, mieux blindée et mieux armée, au prix de plus d'outillage et de délais. Ou repartir d'un prototype non amphibie déjà esquissé, radicalement simplifié, pensable sur des lignes automobiles existantes.
Chaque jour compte : la Wehrmacht avance, et l'Armée rouge a perdu des milliers de blindés. Le char retenu équipera bientôt des usines entières reconverties.
Ingénieur en chef à Moscou, juillet 1941 : quel char léger concevoir pour la commande de masse du GKO ?
Astrov choisit la simplification radicale. Avec le lieutenant-colonel Okounev, il écrit directement à Staline pour défendre un char non amphibie, dérivé du prototype T-30B, fabricable en série sur des chaînes automobiles. Les plans sont bouclés en une semaine (dessins livrés le 28 juillet 1941). Ce char devient le T-60 : on supprime la flottaison au profit d'un blindage plus épais, et sur suggestion de Malychev il reçoit un canon automatique de 20 mm TNSh au lieu de la mitrailleuse de 12,7 mm. La production de masse démarre, notamment à l'usine GAZ de Gorki (dirigée par ) à partir d'octobre 1941. Près de 6 000 T-60 seront produits : char modeste mais disponible en masse au moment où l'URSS en avait désespérément besoin.
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T08-034