Smolensk — la poche se referme
Un mois après le début de Barbarossa, le allemand, fer de lance de l'offensive vers Moscou, atteint Smolensk, verrou sur la grande route de la capitale. Les groupes blindés de Hoth et Guderian réalisent un nouvel encerclement géant, piégeant plusieurs armées soviétiques dans une vaste poche autour de la ville, prise le 16 juillet.
Côté soviétique, le maréchal Timochenko est chargé de colmater la brèche avec des forces hétéroclites, mal équipées, jetées dans la bataille au fur et à mesure. La doctrine et Staline interdisent tout abandon de terrain ; mais sacrifier des armées entières dans une poche intenable est militairement absurde.
Timochenko doit décider : ordonner aux armées encerclées de tenir sur place pour fixer l'ennemi, au risque de leur anéantissement ; tenter de les faire percer vers l'est pour sauver des forces, au mépris des ordres de non-retrait ; ou lancer des contre-attaques de dégagement depuis l'extérieur de la poche. De ce choix dépend la survie de centaines de milliers d'hommes — et le rythme de l'avance allemande vers Moscou.
Comment Timochenko doit-il traiter les armées soviétiques encerclées à Smolensk ?
Timochenko combine A et C : les armées encerclées résistent et tentent des percées, tandis que de coûteuses contre-offensives soviétiques (dont celles de Ielnia, en août-septembre) frappent les flancs allemands. La poche de Smolensk est finalement réduite fin juillet, livrant des centaines de milliers de prisonniers. Mais la bataille, qui dure jusqu'en septembre, a un effet inattendu : elle use le , épuise ses blindés et lui fait perdre un temps précieux. C'est en partie pour cela que Hitler détournera bientôt l'effort principal vers Kiev et Leningrad, repoussant l'assaut sur Moscou. La résistance acharnée de Smolensk, payée d'un prix terrible, contribue à enrayer le calendrier allemand — premier grain de sable dans la « guerre éclair » à l'Est.









