Salonique perdue : livrer la ligne Metaxas
Le lieutenant-général , né en 1889, commande la , chargée de tenir la ligne Metaxas — un chapelet de forts bétonnés gardant la frontière bulgare, le bouclier oriental de la Grèce.
Le 6 avril 1941, avant l'aube, la Wehrmacht l'attaque. Les ouvrages comme le fort Roupel résistent farouchement : pendant trois jours, les Grecs repoussent assaut après assaut, et le commandant allemand List s'inclinera devant leur bravoure. Mais la ligne est prise à revers : en perçant à travers la Yougoslavie voisine, la contourne les forts par l'ouest.
Le 9 avril, Salonique tombe. Les divisions de Bakopoulos, encore intactes derrière leur béton, sont désormais coupées de l'arrière, sans espoir de ravitaillement ni de retraite, tandis que les blindés allemands déferlent vers le sud.
Bakopoulos affronte alors un dilemme déchirant. Faire combattre ses hommes jusqu'au dernier honorerait le serment mais les condamnerait à un massacre inutile ; négocier une reddition sauverait des milliers de vies et épargnerait peut-être à la grande ville un bombardement ; ordonner une percée désespérée vers le sud relèverait du suicide. Et certains forts, eux, refusent encore de se rendre.
Bakopoulos doit-il livrer aux Allemands ses troupes de la ligne Metaxas après la chute de Salonique, ordonner un combat à mort, ou tenter une percée vers le sud ?
Bakopoulos choisit A : à 13 h le 9 avril (la reddition formelle intervenant le matin du 10), après avoir obtenu l'aval du commandant en chef Papagos, il négocie une capitulation honorable de la , afin de sauver ses soldats et d'épargner à Salonique un bombardement. Le général allemand List, admiratif du courage grec, refuse de faire prisonniers les soldats : il les autorise à rentrer chez eux avec leurs drapeaux, à condition de rendre armes et matériel. Certains défenseurs poussent l'honneur plus loin : au fort Roupel, le major Douratsos refuse de se rendre le 9 et ne baisse les armes que le matin du 10. La ligne Metaxas tombée, la voie du sud s'ouvre aux Panzers — vers l'effondrement final de la Grèce continentale.









