Huntziger devant les rapports de Sedan — 13 mai
, 60 ans, général d’origine alsacienne, commande la française, qui tient le secteur de Sedan — point de jonction entre la ligne Maginot au sud et le dispositif du plan Dyle engagé en Belgique. Sa zone couvre 70 km de Meuse avec neuf divisions, dont sept d’infanterie de série B, formées de réservistes peu entraînés.
Au début de l’offensive, Huntziger est confiant : les Ardennes passent pour « infranchissables » aux blindés, comme l’a répété Pétain. Au soir du 13 mai, son PC de Senuc reçoit des rapports contradictoires : un bombardement massif de Stukas sur la , des Panzers signalés à Sedan — réputés impossibles avant le 16 mai —, des unités qui flottent.
Vers 21h00, Huntziger comprend qu’une vraie percée se dessine à Sedan. Sa réserve mobile est la du général Brocard, forte de 156 Char B1 bis, les chars les plus puissants du monde en 1940. Mais ses bataillons sont dispersés en arrière. Huntziger doit décider de l’emploi de cette réserve.
Contre-attaquer dès la nuit, attendre l’aube pour préparer, ou se replier sur une seconde ligne ?
Huntziger applique B. Il ordonne une contre-attaque pour l’aube du 14 mai. Mais la est éparpillée par bataillons entre Stonne, Le Chesne et Vouziers, et sa concentration prend douze heures de plus que prévu : faute de carburant et d’ordres clairs, l’attaque ne s’ébranle que vers 13h00 le 14 mai, alors que Guderian a déjà passé des dizaines de chars. Les Char B1 livrent des duels héroïques à Stonne, mais la ne reprend pas Sedan. La percée s’élargit. Huntziger devient ministre de la Guerre de Vichy en septembre 1940 et signe la collaboration militaire. Il meurt le 12 novembre 1941 dans un accident d’avion près de Carcassonne, en gagnant l’Afrique du Nord — circonstances jamais entièrement éclaircies. La dispersion de sa cuirassée reste un cas d’école de l’emploi raté des chars français en 1940.









