WWII Decisions Online · Eben-Emael — Jottrand sous les explosions
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Eben-Emael — Jottrand sous les explosions

Major Jean Jottrand, commandant de la garnison du fort d’Eben-Emael, armée belge

Le Major , 45 ans, officier d'artillerie belge, commande les 1 200 hommes du fort d'Eben-Emael, verrou du dispositif du canal Albert au nord de Liège. Réputé imprenable, l'ouvrage cuirassé garde les ponts vers Maastricht. Jottrand connaît son fort dans le moindre détail : coupoles d'artillerie, casemates, galeries souterraines sur trois niveaux.

À 04h25, des explosions secouent le superblock. Quelque chose se passe sur le toit même de l'ouvrage. Depuis son poste de commandement au niveau -3, Jottrand entend des coups sourds, métalliques, rapprochés. Les guetteurs de la défense aérienne n'ont rien signalé : aucun bruit de moteur, car les assaillants sont arrivés en planeurs silencieux. Une à une, ses coupoles annoncent qu'elles sont neutralisées par des charges qu'il n'identifie pas.

À 04h30, Jottrand n'a plus de vue sur sa propre toiture et ne peut plus riposter de l'intérieur. Il alerte les renforts terrestres et le QG du I Corps belge à Tirlemont. Privé de ses coupoles, il pèse les rares options qui lui restent pour reprendre l'initiative sur un toit aux mains de l'ennemi. Il doit trancher en quelques minutes.

Faut-il réclamer un bombardement ami sur le toit de son propre fort, où 1 200 hommes sont enfermés ?

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