Pont de Veldwezelt — Beert et le démineur
Le pont de Veldwezelt, sur le canal Albert au nord de Liège, est l’un des passages que l’armée belge doit faire sauter si l’ennemi se présente. Sa garde revient au Lieutenant Beert et à une trentaine d’hommes du , épaulés par le capitaine Giddelo, démineur chargé de surveiller les charges placées sous le tablier de béton et d’acier. La consigne est la même que pour les ponts voisins : destruction immédiate à la première intrusion.
À 04h25 le 10 mai, des planeurs du — environ 90 hommes en dix appareils — fondent sur les abords du pont. Trois s’abîment dans le canal, mais les autres déversent leurs parachutistes au contact direct des positions belges. Aucun avertissement n’a précédé l’attaque : les guetteurs n’ont entendu ni moteur ni tir d’artillerie préparatoire.
Le combat s’engage aussitôt, féroce et rapproché. Giddelo doit gagner le poste de mise à feu pour déclencher les explosifs, tandis que Beert tente d’organiser la défense de la garnison sous le feu. Quelques secondes décideront du sort du pont.
Faut-il se précipiter sur le détonateur, ou tenir d’abord la position avec la garnison ?
La garnison choisit A, mais trop tard : Giddelo est abattu en s’élançant vers le détonateur, avant d’avoir pu l’actionner. Beert tient encore sa position une heure et demie d’un combat acharné, puis se rend vers 06h00. Le pont de Veldwezelt tombe intact, comme Vroenhoven. Le paie le prix le plus lourd des assauts de planeurs — une douzaine de tués et une vingtaine de blessés sur 90 hommes — mais ouvre le passage à la . La capture intacte des ponts coûte aux Alliés une riposte aérienne désespérée : le 12 mai, des bombardiers Fairey Battle du 12 Squadron de la RAF se sacrifient pour tenter de détruire l’ouvrage. Le chef de l’opération allemande, l’Oberleutnant , reçoit la Ritterkreuz. Veldwezelt restera cité comme un modèle d’assaut aéroporté.









