La trouée de Gembloux
Entre la Meuse et la Dyle s'ouvre la plaine de Gembloux, un couloir sans obstacle naturel par où les blindés allemands peuvent déboucher vers Bruxelles et au-delà. C'est là que la française, l'une des meilleures du dispositif allié, vient prendre position pour arrêter l'avance ennemie après le repli du corps de cavalerie de Prioux.
Le commandement français doit y livrer une bataille défensive décisive. Faute de fortifications, tout repose sur la solidité de l'infanterie, de l'artillerie et la coordination antichar. Tenir fermement à Gembloux, c'est protéger le flanc du dispositif allié en Belgique ; céder, c'est risquer l'effondrement.
Le commandement peut tenir coûte que coûte la position de Gembloux pour stopper net les Panzers. Mener une défense élastique, en cédant du terrain pour préserver ses forces. Ou se replier d'emblée sur une ligne plus en retrait, mieux protégée. L'enjeu est de prouver que l'armée française peut, sur un terrain choisi, briser l'assaut blindé allemand.
La 1re armée doit-elle tenir Gembloux coûte que coûte, mener une défense élastique, ou se replier ?
La choisit A et, les 14-15 mai, remporte à Gembloux l'un des rares succès défensifs alliés de la campagne : l'infanterie française repousse les assauts des Panzers et inflige de lourdes pertes, prouvant qu'une défense bien conduite pouvait enrayer le « Blitzkrieg ». Mais cette victoire locale est rendue vaine par l'effondrement du front sur la Meuse, à Sedan et Dinant, bien plus au sud : menacée d'encerclement, la doit abandonner ses positions et se replier. Gembloux symbolise le drame de 1940 — une armée capable de vaincre tactiquement, mais condamnée par une débâcle stratégique survenue ailleurs.









