La défense de Boulogne
Tandis que les Panzers atteignent la côte, les ports de la Manche deviennent des enjeux vitaux pour l'évacuation alliée. Boulogne, comme Calais voisine, est attaquée dès le 22 mai 1940 par les blindés allemands. Une garnison improvisée — bataillons britanniques de la Garde et éléments français — doit décider de la conduite à tenir.
Le dilemme est celui des ports assiégés. Tenir Boulogne le plus longtemps possible fixe des forces allemandes et protège le flanc du couloir vers Dunkerque, mais condamne potentiellement la garnison. L'évacuer rapidement par mer sauve des troupes, mais livre le port et raccourcit le répit offert à Dunkerque.
Le commandement peut tenir coûte que coûte pour gagner du temps. Évacuer rapidement la garnison par les destroyers de la Royal Navy. Ou mener une défense puis un rembarquement échelonné, en combinant résistance et sauvetage. Contrairement à Calais, où la garnison sera sacrifiée, Boulogne pose la question d'un dosage entre résistance et préservation des forces, sous le feu et dans l'urgence.
La garnison de Boulogne doit-elle tenir coûte que coûte, évacuer vite, ou combiner défense et rembarquement ?
Boulogne illustre surtout C : après une défense acharnée du 22 au 25 mai, une partie de la garnison britannique est rembarquée par des destroyers de la Royal Navy sous le feu, tandis que d'autres éléments, notamment français, continuent de se battre jusqu'à la chute du port. Contrairement à Calais (entièrement sacrifiée), Boulogne combine résistance et évacuation partielle. La défense des ports de la Manche — Boulogne, Calais — fixe des blindés allemands et participe, dans une mesure débattue, à protéger le périmètre de Dunkerque pendant que s'organise l'opération Dynamo. Ces combats d'arrière-garde, souvent oubliés, font partie du prix payé pour sauver le gros des armées alliées.









