Modlin — Thommée à la dernière forteresse
Élevée par en 1806-1812, modernisée par les Russes au XIXe siècle puis par les Polonais dans les années 1920-1930, la forteresse de Modlin garde le confluent de la Vistule et de la Narew, à 30 km au nord-ouest de Varsovie. Au 1er septembre, sa garnison ordinaire ne compte qu'environ 5 000 hommes ; mais à partir du 9 septembre s'y replient les restes de l' du général Krukowicz-Przedrzymirski et des fragments des .
, 58 ans, en prend le commandement le 13 septembre par décret de Rydz-Śmigły. Au 15, la place abrite près de 35 000 hommes, dont 4 000 blessés ; pour les soutenir, Thommée aligne 134 canons — des Schneider, des Bofors, des vz.30 —, douze chars légers et la garde des deux ouvrages de Modlin et de Zakroczym.
Les attaques allemandes commencent dès le 13 septembre. La de Bock confie la prise de Modlin à la de Küchler, forte de quatre divisions d'infanterie et appuyée par la de Kesselring : Stukas, artillerie lourde de 150 et 210 mm, mortiers Karl s'acharnent sur les fortifications. Modlin résiste. Le 18 septembre, deux divisions blindées allemandes, celles de Reinhardt et de Kempf, sont retirées vers le sud — la garnison polonaise tient toujours.
Mais au 27 septembre, Varsovie a capitulé. Modlin n'a plus d'obus pour son artillerie lourde, plus d'eau potable depuis la destruction des pompes, plus un pansement pour ses 4 000 blessés. Le typhus se déclare. Thommée doit décider.
Que faire le 28 septembre, à la veille de la capitulation incontournable ?
Thommée choisit A et C. Le 28 septembre, il sabote les pièces d'artillerie lourde et brûle les codes secrets. À 12h, il envoie un parlementaire au général (Wehrmacht). Conditions négociées : évacuation immédiate des blessés vers les hôpitaux civils, officiers gardant leurs sabres en captivité, soldats du rang traités selon Convention de Genève. La capitulation est signée le 29 septembre matin. 30 000 hommes valides et 4 000 blessés partent en captivité. Thommée est emprisonné en oflag, survit, libéré en 1945, rentre en Pologne communiste, meurt à Łódź en 1962 — le seul des grands commandants de septembre 1939 à avoir choisi le retour. Modlin reste forteresse militaire polonaise jusqu'en 1991, puis musée.









