Praga — Rómmel face au siège
Praga est le faubourg de la rive est de la Vistule — la ville historique de Varsovie occupant la rive ouest, Praga formant un district industriel et populaire séparé par le fleuve. Au 1er septembre 1939, environ 180 000 habitants dont une importante communauté juive (le Marché de Różyckiego, l'avenue Targowa, le complexe Mirowski). Praga est traversée par les trois grands ponts : Poniatowski, Kierbedź, et le pont ferroviaire.
Stratégiquement, Praga est le flanc oriental de la défense de Varsovie : sa perte permet aux Allemands de couper la ville et de la prendre en tenaille. Le général (frère du général , défenseur de Łódź), 58 ans, qui commande depuis le 8 septembre 1939 l' après son repli depuis l', doit défendre simultanément la rive ouest (centre historique) et Praga.
À partir de la mi-septembre, l'agglomération subit bombardements aériens (Stukas du et 76, He 111), artillerie lourde de la allemande de Blaskowitz (canons 210 mm et mortiers de 280 mm), assauts blindés des 4e et 31e divisions allemandes par le sud-est. La garnison de Praga compte 8 000 soldats polonais, 15 000 civils armés volontaires, 200 prêtres et religieuses au secours médical ; le 17 septembre, le maire galvanise la population depuis l'Hôtel de Ville. Rómmel doit répartir des moyens limités entre les deux rives, sachant qu'il ne pourra peut-être pas tenir les deux.
Comment Rómmel doit-il prioriser la défense entre Varsovie centre et Praga ?
Rómmel applique A. Du 13 au 27 septembre, Praga subit des bombardements aériens quotidiens et tient pendant deux semaines complètes. Pertes polonaises à Praga : 1 200 soldats morts, 3 800 blessés, 5 000 civils tués par bombardements. Pertes allemandes : 800 morts, 2 200 blessés — chiffres élevés pour une défense urbaine improvisée. Le 27 septembre 1939, Rómmel ouvre les négociations de capitulation avec le général Blaskowitz au village d'Okęcie. Conditions négociées : officiers gardent leurs sabres en captivité (selon la tradition) ; soldats du rang sont libérés sur parole après désarmement (1/3 des 120 000 prisonniers seront effectivement libérés ; 2/3 partiront en oflag et stalag) ; blessés évacués vers hôpitaux civils sous protection ; bombardements cessent immédiatement. Capitulation signée le 28 septembre 1939 à 13h00. Bilan total du siège de Varsovie (8-28 sept) : 18 000 soldats polonais morts, 40 000 civils morts (dont 5 000 à Praga, le reste à Varsovie centre), 50 % des bâtiments endommagés, 12 % détruits. Rómmel est emprisonné en oflag. Libéré en 1945, rentre en Pologne communiste. Marginalisé politiquement, il publie ses mémoires en 1958 (Za honor i Ojczyznę, « Pour l'honneur et la Patrie »). Meurt en 1967 à Varsovie. Le monument du Défenseur de Varsovie (Nike) au croisement avec Senatorska commémore depuis 1964 le siège. Praga deviendra cruciale cinq ans plus tard lors de l'insurrection de Varsovie 1944 : les Soviétiques s'arrêtent sur sa rive est et regardent la Wehrmacht écraser le soulèvement de la rive ouest.









