Wytyczno — Orlik-Rückemann après Szack
, 45 ans, commande depuis avril 1939 le (KOP, Corps de Protection des Frontières) — formation d'élite de l'armée polonaise dédiée à la garde de la frontière orientale (avec l'URSS), 25 000 hommes sur 1 400 km. Officiers triés sur le volet, formation antiguérilla, connaissance approfondie du terrain marécageux de Polésie.
Le 17 septembre 1939, l'invasion soviétique surprend le KOP en première ligne. Une partie est immédiatement encerclée et faite prisonnière. Orlik-Rückemann concentre les unités survivantes : la (4 bataillons, 7 000 hommes), un train blindé, deux escadrons de cavalerie. Il décide de combattre tout en se repliant vers l'ouest, espérant rejoindre Kleeberg au sud de la Pologne.
Du 17 au 30 septembre, marches forcées par les marais et les forêts, accrochages multiples avec des unités soviétiques surprises par la résilience du KOP. Bataille de Szack le 28-29 septembre : la brigade KOP inflige des pertes substantielles à la (général ), capture une cinquantaine de prisonniers, détruit 6 chars BT-7 — bilan tactique remarquable pour un combat retardateur en infériorité numérique.
Le 1er octobre 1939, près du village de Wytyczno, Orlik-Rückemann engage le combat avec une avant-garde du (général ). La brigade KOP a tenu deux semaines en combat de retraite contre l', mais elle est épuisée — munitions à 20 %, hommes valides à 60 %.
Que faire au matin du 1er octobre, après la bataille de Wytyczno ?
Orlik-Rückemann choisit B dans l'après-midi du 1er octobre. Il dissout la brigade — chaque détachement de 100-200 hommes reçoit l'ordre de tenter individuellement le passage vers le sud-ouest. Les sous-officiers reçoivent l'autorisation de rendre leurs hommes s'ils ne peuvent pas passer. Bilan de Wytyczno : 100 morts polonais, 250 morts soviétiques, environ 600 prisonniers polonais (faits dans les jours qui suivent). C'est la dernière bataille tactique de la campagne de septembre 1939 contre l' — la même semaine que la bataille de Kock contre les Allemands. Orlik-Rückemann lui-même traverse la Hongrie en novembre, gagne la France, puis le Royaume-Uni en juin 1940. Il commande la défense de l'Écosse polonaise, puis sert dans l'état-major Sikorski. Refus de rentrer en Pologne communiste. Émigre au Canada (Toronto) où il meurt en 1986. Sa brigade KOP devient un symbole : élite militaire polonaise sacrifiée par l'incurie soviétique, la majorité des survivants prisonniers seront assassinés au printemps 1940 dans le cadre du massacre de Katyn.









